Le rock'n'roll est un enfant du blues, le rythme ternaire (Division du temps) de celui-ci étant remplacé par un rythme binaire et le tempo devenant plus soutenu. Il convient ici de distinguer rythm and blues et rock'n'roll, même si la tâche apparaît délicate de la fin des années 1940 à 1954. Citons ici Fats Domino qui fait du rock'n'roll dès 1948 sans le savoir. Ike Turner prétend lui aussi avoir interprété le premier rock ''Rocket 88'' en 1951.
L'étiquette rock'n'roll a, dans un premier temps, été utilisée pour distinguer le rythm and blues des noirs de celui des blancs et ce pour des raisons liées à la politique raciale de l'époque. Il était inadmissible que des artistes blancs se retrouvent dans les mêmes bacs chez les disquaires que les noirs. Le style particulier du rythm and blues blanc a donc servi de prétexte pour une nouvelle étiquette "rock’n’roll".
En 1951, le disc jockey Alan Freed anime une émission appelée ''Moondog's Rock And Roll Party''. C'est la première diffusion du rock'n'roll à une large audience. C'est ce DJ radio qui trouve son nom au Rock'n'Roll en reprenant une expression que l'on retrouve depuis les années 1940 dans certaines chansons de rythm and blues et qui signifie en argot « faire l'amour ». Alan Freed est le premier DJ blanc à soutenir avec force des artistes noirs jouant la « Musique du diable ». La bonne société américaine en fera son « ennemi numéro 1 » et aura d'ailleurs sa peau en 1959.
Le terme ''rockabilly'' désigne la première forme historiquement identifiable de rock'n'roll, il s'agit essentiellement d'un croisement de rythm and blues et de musique country. Elvis Presley et Bill Haley sont deux précurseurs chez les chanteurs blancs. Elvis Presley, surnommé ''The King'' Le Roi du Rock and Roll, enregistre ce qui est probablement l'un des tout premiers morceaux de rockabilly avec ''That's Alright Mama'' et collectionnera très rapidement les succès, mais c'est Bill Haley and The Comets qui signent officiellement l'acte de naissance du rock'n'roll pour de nombreux historiens avec le titre ''Rock Around the Clock'' une reprise de Sonny Dae and His Knights, 1952. Ce premier tube de l'histoire du « rock » qui figure au générique du film ''Graine de violence'' est N°1 des hit-parades aux USA (8 semaines) et au Royaume-Uni (3 semaines) en 1955. Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, Eddie Cochran et autres Gene Vincent s'engouffrent dans la brèche. Les musiciens noirs restent très actifs avec Chuck Berry tout particulièrement. N'oublions pas Little Richard, qui sur son premier 45 tours, signe quatre des plus grands standards de rock, à savoir : ''Tutti Frutti'', ''Long Tall Sally'', ''Rip It Up'' et ''Ready Teddy''.
Le rock'n'roll provoque un mouvement de rejet de la bonne société américaine qui croit avoir triomphé de ce mouvement en 1959. On annonce alors la mort du rock et il est vrai qu'aux États-Unis, le mouvement semble s'essouffler. Les chanteurs sont désormais très consensuels et Elvis est institutionnalisé, cantonné aux ballades. Le rock'n'roll continue cependant de se développer sous des formes plus locales et confidentielles comme la surf music de la côte ouest ou le rock garage au nord.
Vers la fin des années 1950, et le début des années 1960, on entendde plus en plus de titres de rock'n'roll plus "sages", plus "doux" et qui vont engendrer la musique pop : The Everly Brothers, ''All I Have To Do Is Dream'' (1958), le rock'n'roll Beat de The Weaver Temptations, ''Ouh ! Ah ! Temptations !'' (1959), Johnny Burnette, '' Dreamin' et You're Sixteen (composée par les Frères Sherman '' (1960) Del Shannon, ''Runaway'', (1961), Brian Hyland, ''Sealed With A Kiss '' (1962), etc….
Les amis Rock'n'Roll d'Elvis
Jerry Lee Lewis
Jerry Lee Lewis, né le 29 septembre 1935 à Ferriday en Louisiane dans une famille pauvre, Jerry Lee Lewis a développé sa propre approche féroce du piano dès l’âge de 10 ans, synthétisant les sons Boogie-woogie qu’il écoutait à la radio avec le Rythm‘n’Blues du Sud qui émanait du Haney’s Big House, un Juke Joint (boîte de nuit où se joue le delta Blues dans le delta du Mississipi) possédé par son oncle. Jerry Lee est plus tard inscrit par sa mère au Southwestern Bible Collège à Waxahatchie au Texas mais n’y reste pas très longtemps. L’appel des sirènes de la musique l’a amené sur une trajectoire qui allait changer le monde. En rassemblant des éléments de Rythm n’Blues, de Boogie-woogie, de Gospel et de Country dans un son qui n’appartenait qu’à lui, Jerry Lee Lewis est devenu un membre à part entière de la scène Rock n’Roll émergeante qui était en train de supplanter les grands orchestres de musique populaire.
Après avoir quitté l'école, Il fait des petits boulots et se marie deux fois. En 1956, il commence à enregistrer chez Sun, à Memphis. Il y rencontre des artistes comme Carl Perkins ou Elvis Presley.
Il stupéfie par sa culture musicale, et son énergie. Il danse debout devant et dessus son piano.
Avec les sorties de « Whole Lotta Shakin’ Goin’ On » et de « Great Balls of Fire » en 1957, le flamboyant jeune performer s’est imposé dans les charts Pop, Rythm n’Blues et Country et a débarqué sur les écrans pour des rôles performances dans les films « High School Confidential » et « Jamboree ». Quand Elvis a vu Jerry Lee Lewis jouer, il a déclaré que s’il pouvait jouer du piano comme ça, il arrêterait de chanter. Sa carrière météorique est stoppée en pleine trajectoire par son troisième mariage en 1958. Il épouse Myra Gale Brown, qui, non seulement est la fille de son oncle, mais n'est âgée que de 13 ans. Accessoirement, pour le Killer, il n'a pas réglé ses précédents divorces. Il est poursuivi pendant de nombreuses années par ce mariage. Ses cachets s'effondrent, ses disques sont bannis. Le public vient à ses spectacles pour le huer. Il reste marié 13 ans à Myra.
Eddie Cochran
Eddie Cochran est un chanteur américain de Rock’n’Roll et de Rockabilly.
Né Edward Ray Cochrane le 3 octobre 1938 à Albert Lea, Minnesota, Eddie est le cinquième enfant de Frank et Alice Cochrane. Vivant dans le sud du Minnesota, Eddie achète sa première guitare à l’âge de 12 ans et son inspiration est plutôt Country. En 1953, la famille déménage pour Bells Garden, une banlieue de Los Angeles. Avec un copain de classe Connie « Guybo » Smith, qui restera son bassiste pendant des années, Eddie monte son premier groupe à peine arrivé à Bells Garden. L’année suivante, désertant définitivement l’école, il s’associe au chanteur de Hillbilly, Hank Cochrane, de deux ans son aîné, pour former les Cochran Brothers. À la fin de cette année, le duo country signe un contrat sur un label de Nashville et enregistre deux 45 tours : Guilty Conscience / Mister Fiddle et Tired and Sleepy / Fool’s Paradise. Deux événements vont alors changer sa vie : il assiste à un concert d’Elvis Presley à Dallas et en sort bouleversé ; puis, quelques jours plus tard, dans un magasin de musique de Bells Garden, il rencontre Jerry Capehart, un personnage qui va changer sa vie en devenant son manager, son mentor et accessoirement son parolier. Il passe alors au Rockabilly et ce guitariste virtuose enregistre une démo de quatre titres : Skinny Jim / Pink Pegged Slacks et deux reprises Long Tall Sally / Blue Suede Shoes et signe en 1956 un contrat avec le label Liberty.
Lors du tournage de « La blonde et moi » (The Girl Can’t Help), il rencontre pour la première fois Gene Vincent et lui fait enregistrer une ballade Sittin’ in The Balcony qui le place pour la première fois dans le Top 20 des ventes. Son manager, craignant que ce titre vaguement sirupeux ne le classe dans la série des crooners, lui fait enregistrer ce qui devient l’un des 10 plus grands morceaux du Rock Summertime Blues, balayant ainsi tout risque de le voir cataloguer crooner. L’année suivante C’mon Everybody enfonce le clou et affirme son statut de rocker violent, agressif et terriblement sensuel. En 1960, alors au sommet de sa gloire et accumulant les concerts à travers les États-Unis, Eddie Cochran enregistre Three Steps To Heaven. Il part en tournée anglaise avec son ami Gene Vincent. Le 17 avril 1960, le taxi qui le ramène à l’aéroport de Heathrow avec Gene Vincent, dérape sous la pluie du côté de Chippenham. Eddie Cochran, alors âgé de 21 ans, est tué sur le coup, laissant une œuvre fulgurante, d’une rare intensité. Il devient vite une légende au même titre qu’un James Dean, en incarnant l’éternel adolescent.
Gene Vincent
Gene Vincent, de son vrai nom Vincent Eugène Craddock, (né à Norfolk, Virginie, Etats-Unis, le 11 février 1935, décédé le 12 octobre 1971 à Newhall (Californie), est un chanteur américain de rock’n’Roll et de Rockabilly, qu'il a contribué à populariser. Il est le créateur de Be-Bop-A-Lula, l'un des plus fameux succès du genre.
La carrière de chanteur de Gene Vincent commence le 4 mai 1956, lorsqu'il enregistre pour le label Capitol avec son groupe, les Blue Caps, le légendaire Be bop a lula, Rockabilly syncopé qui devient un tube immortel repris par de très nombreux artistes. Gene Vincent interprète cette fabuleuse chanson dans le film The Girl can't help it (sorti en France sous le titre La Blonde et Moi) réalisé par Frank Tashlin en1956.Gene Vincent sort ensuite bien d'autres singles aussi ravageurs que le premier. Citons entre autres perles Race with the Devil, Blue Jean Bop ou le remarquable Say Mama. Il impose son style, celui d'un rebelle torturé, à la jambe fracassée par un accident de moto et dans lequel se reconnaissent de nombreux adolescents américains.
Il se lie avec un autre rocker, Eddie Cochran, dont il devient le meilleur ami. Hélas, Eddie trouve la mort à Chippenham, Wiltshire, lors d'une tournée en Angleterre, le 17 avril 1960, au cours d'un accident de voiture. Présent dans le véhicule au moment de la collision, Gene ne se remet jamais tout à fait de cette perte immense. Gene ne sortit d'ailleurs qu'un seul single cette année-là, avant de reprendre le chemin des studios à partir de février1961.
Mais les temps ont changé et le twist a remplacé le Rock’n’Roll, reléguant Gene aux oubliettes. Le rocker embarque alors pour l'Europe et trouve en France notamment, les très nombreux admirateurs qu'il n'a plus outre-Atlantique. À partir de 1964, Gene, affectueusement surnommé "Gégène" par ses fans français, fait de nombreuses tournées en angleterre, en Allemagne, en France et en Italie. Mais, mal dans sa peau et définitivement torturé, Gene Vincent pousse l'« esprit rock » à son paroxysme, multipliant les abus d'alcool. Intransigeant, il ne fait aucun compromis et peut parfois se montrer excessivement violent. Son talent cependant reste entier, tout comme sa passion pour le Rock’n’Roll. Criblé de dettes, miné par l'alcool et le désespoir, Gene trouve la mort le 12 octobre 1971, victime d'une hémorragie stomacale interne. Il laisse derrière lui un fabuleux héritage musical qui influence la branche la plus puriste du Rock’n’Roll et du rockabilly revival de la fin des années 60. Il est enterré au Eternal Valley Memorial Park, à Newhall (Californie).
Ses derniers titres enregistrés en 1971 pour le label Rollin' Rock de Ronnie Weiser sont de véritables merveilles d'émotion avec une superbe reprise du Bring it on home de Sam Coock, le somptueux et épuré Rose of Love et une version belle à pleurer du Party Doll de buddy knox.
Totalement oublié aux Etats-Unis, Gene ne rentre au fameux Rock’n’Roll hall of Fame qu'en 1998, douze ans après Elvis Presley et onze ans après son ami eddie Cochran. Le Rockabilly lui, n'a fort heureusement pas oublié la contribution de ce chanteur fabuleux à ce genre musical et en a fait le premier élu de son classement.